Exposition : Villa du Jardin Alpin - Meyrin
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Marianne BUTTLER Dominique ZBINDEN

Au cours des dix dernières années, Michel Grandjean a conduit une recherche menant de l'étude de signes à celui de diverses formes d'écritures imaginaires et illisibles. Assimilables à des parenga intégrés dans l'espace de l'image, comparables parfois à des partitions musicales par leur répartition, ils expriment, par leur tracé. Une sorte de graphologie de l'espace.

L'absence de textes lisibles invite à ne pas se laisser piéger par la chose dite ou figurée, mais à laisser agir un espace imaginaire ouvert et suffisant pour accepter l'indicible.

Le plus souvent, le papier blanc domine. On imagine l'artiste calligraphe s'évadant au delà de ce qui se voit pour découvrir ce qui se tait.

Christian COMELLI Pano PARINI
Les deux artistes ont choisi de se présenter ensemble scellant ainsi une longue amitié. L'occasion pour la SSBA de présenter Christian Comelli, un artiste impliqué activement dans la promotion artistique en France voisine.
La démarche de Pano Parmi consiste à travailler la matière picturale sur ('échelonnement des différents plans, de la profondeur à la surface, comme une allée et venue, voire comme une alchimie culinaire, un mijotage d'ingrédients variés: collage, goudron, spray, grattage, frottage, tout en valorisant l'instant, l'exploration immédiate des incidents de parcours, le contact de sa main avec l'épiderme du papier ou de la toile préparé à l'avance au goudron.

Si une série de toiles proposées à la Villa du jardin Alpin relevait encore de cette expérience, nous avons eu la surprise de voir l'artiste évoluer vers un nouveau propos où le noir fait place à une palette franchement colorée. Dans son intervention dans l'œuvre collective " Dialectiques synchrones " (72 œuvres . format 19 x 13,), on pouvait deviner, sous-jacentes, les photographies, devenues paysages imaginaires.

Un amalgame de force et de fraîcheur spontanée.

L'artiste Christian Comelli pour sa part, travaille la matière, par plissements, frottements, effacements, réserves, dans une alternance sobre de couleurs, mettant ainsi en évidence, la géométrie des formes et des parallélismes. Les œuvres sont souvent proposées en diptyques ou triptyques. La géométrie hasardeuse qui y prédomine, se déstructure savamment. L'artiste construit des systèmes d'une rigueur et d'une cohérence d'autant plus grandes qu'elles ne sont pas précisément voulues. Elles résultent du hasard que l'on a su apprivoiser. On les croit précises, on les découvre aléatoires, effacées, et subtiles.

Le retour du printemps


La peinture n’est pas morte

Au risque de paraître démodé, il convient de dire que la peinture n’est pas morte.
Et pourtant, dans un monde où nous sommes agressés d’images, d’images qui défilent le long de nos parcours quotidiens, de plus en plus provocantes, à peine vues et déjà oubliées, images de nos écrans aussi, images numérisées, trafiquées, aseptisées, paysages lointains pour nos rêves de vacances, corps mis à nu pour un oui ou pour un non… quelle part de rêver nous reste-t-il ? Pourquoi vouloir se confronter à la " page ou à la toile blanche " à des pinceaux, brosses, grattoirs, spatules, plumes, éponges, encres, vernis, colles et autres outils? Pourquoi vouloir courir le risque de refaire ce qui a déjà été fait et de redire ce qui a déjà été dit?

Mais comme sept notes de musique donnent naissance à une combinaison infinie de mélodies et de rythmes traversant les siècles et les frontières, trois couleurs basiques et la lumière permettrent à chaque créateur d’exprimer, également à l’infini ,son monde imaginaire ou sa vision intérieure de ce monde.

Il n'y a jamais d’abstraction pure

Les sujets figuratifs épuisés, du moins le croyait-on, il restait l’abstraction.
L’abstraction n'est toujours, au fond, qu’une figuration plus attentive, plus exigeante, plus près ou plus loin des choses.
Olivier Debré aimait à dire que l'on peut diviser les peintres abstraits en deux catégories: les " portraitistes " et les " paysagistes Et il saute soudainement aux yeux que cette classification est pertinente. Il est évident qu'on se trouve au cœur d’une aventure du langage, dont le propre et d'être infinie, de reprendre inlassablement les mêmes mots, éculés, et de les dépoussiérer, les mêmes tournures grammaticales et non d'y enclore la parole mais de la libérer en produisant
non moins inlassablement, de l'inédit de l'inouï, du jamais vu, jamais même pressenti et présenté ici et maintenant pour toujours et à jamais "

GUIDON—extrait du press-book de Christian Comelli

Le lieu s’y prêtant à merveille, les expositions que nous vous présentons à la Villa du Jardin Alpin font l’éloge de la peinture
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